Etude du contexte routier et touristique de l’estuaire de la Rance

 

 


Un viaduc sur la Rance ?
Position de l’Association Pointe Brebis-Gougeonnais

Synthèse du contexte routier et touristique de l’estuaire vu par des maires de communes riveraines.

 
Depuis le 16 septembre 2008, où, dans un article d’Ouest-France, le Conseil Général d’I&V annonce : “Un viaduc à péage sera construit sur La Rance d’ici à 2015. Un chantier colossal nécessitant quatre ans de travaux et estimé 200 millions d’euros pour désengorger la circulation”, de nombreux riverains, des associations et des élus sont bouleversés, incrédules voire révoltés.
L’Association pour la protection de La Pointe Brebis-Gougeonnais a d’emblée, pris position contre le projet. Le site de la Brebis, à quelques dizaines de mètres du viaduc et La Gougeonnais où résident de nombreux habitants sont menacés de dévastation environnementale. Elle a ouvert, dès fin novembre 2008 son forum en ligne “Franchirlarance.com”, pour donner la parole aux usagers de la route du barrage et aux habitants de l’estuaire. A noter dans le même esprit, le blog “maville” mis en place à Saint-Malo.
L’Association est cependant très consciente, vu ses propositions antérieures, de la nécessité d’ améliorer l’environnement routier et signalétique du secteur du barrage.
C’est dans cette perspective qu’elle a formulé dans son second communiqué de presse publié le 11janvier 2009 sur son forum en ligne (texte consultable), des “propositions pour construire l’avenir”. Parmi celles-ci figurent :
• L’analyse des perspectives démographiques annoncées par le CG35 pour le secteur Dinard, Saint-Lunaire Saint Malo, Dinan ;
• Un premier bilan de recherches à partir des sources statistiques existantes et de contacts sur l’évolution du trafic routier sur le “barrage” et les quatre autres ponts traversant la Rance ;
• La demande de repositionnement du problème global du franchissement de la Rance en ses 5 points de passage actuels”.

 


L’Association s’attache en premier lieu à approfondir les motifs de l’ordre du trafic, de la démographie et de la prospective qui ont guidé le choix du CG35.
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Premier motif : l’importance croissante du trafic routier sur le barrage : 32.000 véhicules par jour en moyenne annuelle dont des pointes à 50.000 en été”, affirme le Conseil général.
Position de l’Association après analyse : Ces données sont invérifiables. A l’inverse de l’Etat qui donne sur le site « La Direction interdépartementale des routes de l’Ouest »(DIRO) pour chaque route, des courbes mensuelles de trafic, comparables d’une année à l’autre, le CG 35 n’indique qu’un seul chiffre pour chaque voie départementale (datant parfois de 2006 !) Impossible d’évaluer la durée respective des périodes de fort trafic et de circulation réduite.
Cette constatation s’applique au pont du barrage et au pont Saint Hubert ainsi qu’à toutes leurs voies d’accès. L’association, (comme les usagers, d’ailleurs) ne peut donc évaluer la principale source de décision du C.G. 35 !

 

Deuxième motif : l’accroissement de la population : “La population va s’accroître le long du littoral” assure le Conseil général.
Position de l’Association : A l’inverse de cette thèse, le recensement de 2009 ne montre aucune poussée démographique sur les côtes de l’Ille et Vilaine depuis cinq ans, alors que l’augmentation est sensible autour de Rennes et au sud du département.
Pour le secteur des bords de Rance, ce recensement confirme la faible progression démographique à l’exception de Pleurtuit pour la rive gauche et, pour la rive droite, de La Ville es Nonais et de Châteauneuf d’I&V, alors que Saint-Malo perd des habitants.
Quelles sont les autres sources démographiques auxquelles peut se réfèrer CG35?
 

• Troisième motif : La prospective? “Il faut faciliter les déplacements à long terme. […] Un péage s’appliquera au moins pendant vingt ans, le temps du retour sur investissement”, prévoit le Conseil général.
Position de l’Association : indique a contrario, pour 2008, une baisse de 1, 35% de la moyenne journalière de trafic sur l’ensemble des routes nationales bretonnes. Il est vrai qu’en 2007, il avait augmenté de 2, 25%. A noter que la partie ” Dol-Dinan” de la RN 176 est un itinéraire raisonnablement fréquenté avec 10.000 à 25.000 véhicules par jour, selon les saisons.
La “DIRO” note par ailleurs “une modification des comportements et des modes de déplacement, comme le covoiturage et l’utilisation des transports en commun”.
N’y aurait-il aucune corrélation entre l’évolution du trafic et des comportements sur les RN et sur les RD?
 

• Le CG 35 promet que ” le chantier dont la mise en œuvre est prévue pour 2012 sera précédé “d’études et d’une concertation avec les riverains et tous les élus du Territoire.”
Constat de l’Association : Depuis septembre 2008, un long silence a suivi cette annonce au cours duquel seuls les maires de la communauté de communes de Saint Malo ont reçu de temps à autre quelques informations dans des réunions à huis clos.
 

Aujourd’hui, le désaccord des habitants permanents et saisonniers de la région sur le projet de viaduc se lit dans la presse et les “blogs” internet. Il va jusqu’à l’appel à des manifestations.
 


Le trafic routier de l’estuaire de La Rance : 5 ponts aux accès gérés par trois pôles de décision. Bilan des contacts avec cinq maires de communes limitrophes.

 

L’Association a demandé au CG 35 d’envisager : “Le repositionnement du problème global du franchissement de la Rance en ses 5 points de passage actuels”.
 

Une réalité : 5 ponts gérés par trois pôles de décision étanches
 

L’estuaire de la Rance est une sorte de triangle mesurant 100 m à l’embouchure, 800 m à l’extrémité; et entre ces points environ 25 km de chaque côté. Une surface assez réduite, somme toute, déjà traversée par cinq ponts ! Ces cinq franchissements possibles de l’estuaire sont en effet distants de 5 à 10 kilomètres sur chaque rive.
 

La gestion administrative de cet “aber” est complexe, partagée entre deux départements et l’Etat : le CG22 administre deux ponts (le viaduc de Dinan et le pont du Châtelier); l’Etat contrôle la principale route d’accès à l’estuaire, la RN 176, 2X2 voies pour l’essentiel, desservant le Pont Chateaubriand (resté inexplicablement à 2X1voie alors que son doublement était prévu à l’origine); le CG 35 est en charge de la route du barrage et du pont Saint-Hubert
 

A l’exception de celui du barrage, la plupart de ces ponts sont ignorés du CG 35 qui oublie de les signaler (comme les itinéraires de dégagement) en amont de Dinard, le long de la RD Saint-Malo-Rennes, vers Dol, etc. Ils sont parfois difficiles à trouver et pourtant, ces voies confidentielles feraient le bonheur de vacanciers qui s’entassent, l’été, sur le barrage.
 

• Une nécessité : la vision concertée de l’avenir de l’estuaire : enquête auprès de cinq maires
 

En liaison avec les associations membres de La Faur (Fédération des usagers de la Rance), Jacky Colas, son président a adressé un courrier au Conseil Général, rappelant que “toutes les suggestions sur le franchissement de la Rance ou l’aménagement du carrefour D114 / D168 émanant d’associations sont bloquées ».
Le 25 février 2009, l’Assemblée générale du COEURE à laquelle participe l’Association pour la protection de la Pointe Brebis -Gougeonnais, représentée par La FAUR au Conseil d’administration, adopte la démarche de création du Parc Naturel Régional Rance-Emeraude.
 

Elargir la vision de l’estuaire en écoutant des élus concernés par d’autres ponts que celui du barrage, tel était l’objectif de Jacky Colas, pour La FAUR et de Dominique de Dieuleveult, pour l’association de la Pointe Brebis-Gougeonnais, en rencontrant MM Benoit, maire de Dinan, président de la communauté de communes de Dinan , Vaspard, conseiller général- maire de Pleudihen,, Lefeuvre , maire de La Ville-es-Nonais, Régnault sénateur honoraire , maire de Saint-Samson et Havard, maire de Plouër, fin avril.
 

Les mêmes questions (cf. Annexe 1) leur ont été posées : les réponses peuvent différer selon les cas, mais un consensus s’impose sur les priorités.
 


Les priorités
- La plus urgente, pour quatre sur cinq des élus rencontrés, est le doublement du Pont Chateaubriand, dont l’accès fait chaque année de nombreux morts dont plusieurs sont dans les cimetières environnants et des blessés immédiatement évacués qui ne survivent pas tous.
La situation devient intolérable. Les Pouvoirs Publics ont sur ces points une vision statistique assez cynique (Cf. circulaire d’un préfet de région). Cependant l’aménagement récemment décidé par l’Etat à hauteur de l’échangeur de “La Chesnais- Costardais” est un progrès qui, pourtant, sera insuffisant.
La “clause de “revoyure” du contrat de Plan offrirait dans les mois qui viennent une opportunité aux maires convaincus d’obtenir une révision de la position de l’Etat.
A noter que sur ce sujet, le cinquième élu, dont la commune est directement concernée, attend les résultats des travaux de l’échangeur pour se prononcer.
 

- La signalisation des ponts est unanimement jugée inexistante (le pont Chateaubriand n’est pas indiqué). Pourtant la voirie qui les dessert est en bon état.
 

- Sur la signalisation des routes : celle du circuit “Vallée de La Rance” semble assez visible. Il n’en est pas de même pour le nouvel “axe Dinard, Pleurtuit, RN 176″ ou le carrefour entre les routes de Combourg et de Lanvallay et bien d’autres itinéraires de dégagement non balisés comme ceux correspondant aux ouvertures d’ écluses du barrage promis de longue date.
 

- Les statistiques de trafic et les données sur les populations qui traversent La Rance ne sont pas encore au point, mais les maires s’en préoccupent sérieusement. Des études auront lieu cet été sur le viaduc de Dinan et sur le Pont Chateaubriand, les plus embouteillés l’été pour des
raisons différentes. Ailleurs la circulation est toujours fluide même si le pont du Châtelier est plus fréquenté que le Pont Saint Hubert (non signalé), par l’attraction touristique de la commune du Livet et de son port.
 

- Trois communes sur cinq dont Dinan souhaitent développer le tourisme par une politique de fidélisation des visiteurs. Des études sur ce thème sont en cours au sein de la CODI (communauté de communes).
 

- A la question ” Quel intérêt aurait, de votre point de vue, un pont supplémentaire “, quatre élus sur cinq répondent “aucun” ou, “utile un mois et demi par an”. Le cinquième élu estime d’une part que le pont Chateaubriand est prioritaire et d’autre part, qu’avant toute décision, il faut mieux appréhender la nature du trafic sur le barrage: trafic régulier et trafic de transit.

 

Annexe : Questionnaire soumis aux cinq maires
 

Quelques questions concrètes que nous souhaiterions approfondir
 

 Quel est selon vos sources et vos communes l’importance du trafic des axes routiers situés en bordure de Rance, selon les saisons?
Quelles sont les principales populations qui s’y déplacent ?
Avez-vous décelé des problèmes sur ces axes routiers?
 

 Que pensez-vous de la signalisation des routes, des voies d’accès aux sites touristiques, des ponts, d’autres endroits importants…?
 

 Concernant les 5 points de franchissement de la Rance et notamment ceux dont vous êtes les plus proches, pouvez-vous nous donner votre sentiment sur
- leur trafic routier selon les saisons,
- Leur état,
- L’état de la voirie qui les dessert,
- Leur environnement urbain, paysager, agricole, etc.? 
 

 Souhaiteriez-vous capter davantage de flux touristique dans votre secteur, en référence à celui qui va vers la côte ?
Avez-vous pris des initiatives dans ce sens (mise en valeur du patrimoine, fêtes locales, hôtellerie, chambres d’hôtes, restauration, campings…?). Quels enseignements en tirez-vous? 

 Quel intérêt aurait, de votre point de vue, un pont supplémentaire ?
 

 Avez-vous des propositions pour fluidifier le trafic dans les zones à forte affluence pendant les périodes touristiques ?
 

 Autre sujet ?
 

Comments (0) mai 18 2009