Communiqué de presse du 15 janvier 2009

Posted: janvier 17th, 2009 under Alternatives au viaduc, Informations via ou vers les élus.

Près de quatre mois de forums d’expression et trois grands enseignements :

- des citoyens inquiets et souvent furieux

- des élus parfois dédaigneux, souvent hésitants voire sourds au débat

- une tentative de passage en force pour imposer une solution inappropriée à un problème mal posé

 

 

Devant la menace de construction d’un viaduc de 23 mètres de haut à l’entrée de l’estuaire de la Rance annoncée brutalement, par voie de presse, par le Conseil Général d’Ille et Vilaine en septembre 2008, l’Association richardaisienne pour la Protection de l’Environnement de la Pointe de la Brebis et de la Gougeonnais a mis en place, en novembre, un forum sur le site internet franchirlarance.com. Cette initiative vise à fédérer les idées et solutions intelligentes pour améliorer le franchissement de l’estuaire de la Rance, notamment entre St-Malo et Dinard, et à combler l’absence de véritable débat sur un sujet grave de conséquences, aux plans environnemental et financier.

 

L’analyse, au 31 décembre 2008, des commentaires postés sur les forums des sites franchirlarance.com et saint-malo.maville.com, seuls espaces de discussion en ligne ouverts à la population, est déjà riche d’enseignements :

 

 

1. Plus de 150 intervenants, le plus souvent établis dans le secteur Saint-Briac/Plouër/La Ville-es-Nonais/Saint-Suliac/Saint-Malo, prouvent que le sujet passionne et choque.

 

2. 90% des avis exprimés rejettent l’idée même de viaduc :

 

o Moins de 20% d’entre eux le font à cause d’un éventuel péage.

o Plus des 2/3 d’entre eux sont choqués par l’inutilité du projet et le gaspillage des deniers publics.

o Ils sont plus d’1/3 à demander explicitement l’étude de solutions alternatives et, en toute priorité, le doublement du pont Chateaubriand au niveau de la Ville es Nonais, plus la mise en 2×2 voies du tronçon meurtrier reliant l’échangeur de Chateauneuf à celui de Plouër ; le doublement du Pont Chateaubriand est le moyen le plus évoqué (2/3 des propositions) par ceux qui suggèrent des solutions alternatives.

o De nombreuses suggestions sont formulées, notamment pour fluidifier le trafic sur le barrage de la Rance et offrir des alternatives « douces » au projet de viaduc qui, pour 1/4 des opposants à cette voie surélevée, “dénaturerait un site remarquable”.

 

3. Le Conseil Général persiste et signe !

 

o Dans la revue Nous, Vous, Ille de janvier 2009, par la voix de son vice-président en charge des infrastructures, le Conseil Général continue à ignorer le vent de protestation citoyenne.

o Les chiffres avancés sur des prévisions de trafic à trente ans sont toujours aussi surprenants qu’invérifiables.

o Les solutions alternatives, moins coûteuses et moins polluantes, sont balayées d’un revers de main.

o L’optimisation du franchissement de l’estuaire, par les routes desservant les 5 ponts existants, situés entre St-Malo et Dinan, est systématiquement ramenée à la seule problématique de la fluidité des véhicules au niveau du barrage de La Rance.

o La question de la mise en 2×2 voies du pont Chateaubriand est écartée au seul motif qu’elle relève de la compétence de l’Etat, L’importance de cette voie tant par ses possibilités de dégagement du flux routier entre les 2 rives de la Rance, que par les accidents qui s’y produisent est manifestement sous-estimée par les autorités, comme si les élus d’Ille et Vilaine et des Côtes d’Armor, directement concernés par le taux d’accidents mortels relevés sur la portion de route non aménagée, ne pouvaient pas s’entendre pour exercer la pression nécessaire à l’aboutissement de ce projet.

o Le Conseil Général parle de supprimer la seule 2×2 voies existante, celle du barrage, et de la réduire à 1×2 voies avec aménagements pour les 2 roues et les piétons.

o Les élus locaux, quant à eux, sont prudents : en dehors de la mairie de La Richardais, qui vient de s’exprimer début janvier, d’une manière plutôt ambiguë, sous le titre « le franchissement du barrage de la Rance », les maires des communes les plus importantes des deux rives de l’estuaire adoptent des positions d’attente bienveillantes.

 

4. Des études et beaucoup d’argent : pour quel résultat ?

 

o Officiellement, le Conseil Général poursuit les “études” sur le projet de viaduc, dont la réalisation serait déjà reportée à 2020 ; ces études ne porteraient toujours pas sur la problématique d’ensemble d’amélioration du franchissement de la Rance entre St-Malo et Dinan, mais sur le seul passage au niveau de St-Malo.

o Il espère supprimer le péage, grâce à un supplément d’autofinancement et à une intervention miraculeuse de l’Etat (qui rechigne déjà à terminer le Pont Châteaubriand, route nationale !).

o Certains élus locaux, gênés par la gestion autoritaire du projet de viaduc auraient officiellement demandé au Conseil Général de le justifier en complétant les comptages routiers, l’étude de faisabilité des projets alternatifs, notamment de dédoublement de route et d’écluse écartés, sans explications, en 2005 et de maintenir un mode de franchissement gratuit de l’estuaire au niveau de l’actuel barrage.

 

Ce climat est inquiétant car il continue d’exclure toute participation des administrés aux “études” en cours. Dès 2005, les principales solutions de franchissement au niveau du barrage, ont été présentées au public, par le Conseil Général, au cours de réunions, notamment à la mairie de La Richardais, sans aucune forme de débat. Le viaduc était déjà présenté comme la panacée, toutes les autres possibilités étant écartées, d’emblée. La brochure remise à cette occasion se trouve sur le site internet franchirlarance.com.

 

5. Des propositions pour construire l’avenir

 

Devant ces blocages, l’Association pour la protection de l’environnement de la Pointe de la Brebis et de la Gougeonnais demande au Conseil Général :

 

o Que la préservation du site remarquable de l’estuaire soit enfin considérée comme une priorité.

o Le repositionnement du problème global du franchissement de la Rance en ses 5 points de passage actuels et la publication des études demandées par les membres de la Communauté de communes, notamment sur les solutions alternatives pour fluidifier la circulation sur le barrage.

o L’organisation de réunions publiques dans les principales localités concernées par des ponts existants pour inventorier les mesures préconisées par les élus locaux, les associations et les riverains de l’estuaire, ainsi que la publication d’un compte-rendu officiel de ces échanges.

 

De son côté, l’Association:

 

o analysera les perspectives démographiques annoncées pour le secteur Dinard, Saint- Lunaire Saint Malo, Dinan ;

o fera un premier bilan de ses recherches à partir des sources statistiques existantes et de contacts sur l’évolution du trafic routier sur le “barrage” et les quatre autres ponts traversant la Rance ;

o Recherchera en France et à l’étranger les solutions existantes d’aménagement d’écluses et de leurs abords, ne comportant pas de surélévation, d’accès aisé et peu bruyant, répondant à des critères de continuité de trafic et compatibles avec la structure actuelle du barrage.

7 commentaires

  1. Rajout de deux photos de Hubert Ferrasson ( http://hubert35.com/vuduciel.htm et http://hubert35.com/vuduciel2.htm )

    Commentaire par Gabriel — 17 janvier 2009 @ 20:24

  2. Dans Ouest-France du 21 janvier sous le titre “Face au projet de viaduc, les opposants se mobilisent sur internet”, le journaliste signataire de l’article, tout en rendant assez bien compte de l’opinion générale et du communiqué de presse ci-dessus, a cru utile d’indiquer que “Dans un forum, ce sont généralement les mécontents qui s’expriment” …

    C’est faire bien peu de cas de l’esprit citoyen que de classer parmi les “mécontents” toute personne qui prend la peine de s’exprimer.

    Heureusement, la lecture des avis exprimés démontre que les intervenants font preuve, autant sinon plus, d’esprit de proposition que d’opposition formelle.

    Commentaire par Claude — 21 janvier 2009 @ 18:50

  3. Entendons nous bien.

    Qu’est-ce qui grève le plus la circulation automobile sur le barrage de la Rance ?

    D’après une étude qui avait été faite il y a quelques années, il apparaissait qu’entre les éclusages et la mise au rouge des feux pour laisser sortir les véhicules venant des parkings situés près des écluses, il n’y avait plus, sur une période d’une heure, qu’environ 30 minutes (35 minutes exactement, de mémoire), qui était allouée à la circulation des voitures.

    Une solution “intérimaire” a été trouvé depuis 2 ou 3 ans pour les périodes estivales, la préfecture ayant demandé à ce qu’il y ait moins d’éclusages en journée, aucun aux heures de sortie de bureau. La circulation était en fait redevenue à peu près fluide, bien que toujours encombrée… mais au moins ça circule quand même.

    Alors plutôt que de se tarabuster la cervelle à chercher une solution démesurée, pourquoi ne pas simplement réduire drastiquement les éclusages ? Un le matin pour laisser sortir les bateaux, un le soir pour les laisser revenir, et pourquoi pas un ou deux en pleine nuit pour ceux que ça intéresse, ça gênerait nettement moins de monde.

    Parce que voir ces petits groupes de plaisanciers qui, pour leur petit plaisir personnel et privilégié, bloquent à chaque éclusage des centaines, sinon des milliers de véhicules, ça me hérisse le poil depuis quelques années, au point que j’en suis même arrivé à l’idée d’organiser des concerts de klaxon pour leur faire comprendre qu’ils ennuient pas mal de monde à sortir n’importe quand… 2 éclusages par jour seraient amplement suffisants à mon sens, et ça réglerait pour quelques années le problème.

    Du viaduc ou du barrage, je préfère naturellement garder le barrage, mais à la condition précitée.

    Si la minorité pourtant bien présente et “lobbyiste” des plaisanciers ne consent pas à faire un effort de son côté, alors je préfère encore la solution du viaduc.

    Commentaire par Pierre — 24 janvier 2009 @ 2:25

  4. Il ne faut pas renverser la situation. Une tolérance doit se faire jour. Les marins ont toujours utilisé la Rance et ont été forcés , un jour, de restreindre leur passage via une écluse en 1966. Aujourd’hui, les horaires d’éclusage sont encore plus restreints en été. Il n’est pas possible d’aller plus loin, quand on voit les difficultes pour le passage des bateaux à certaines heures, ce n’est pas en diminuant les passages que les choses peuvent s’améliorer. N’oubliez pas tous les étrangers qui visitent la Rance. Ceci favorise le tourisme. Il ne faut nourrir un racisme contre les uns ou contre les autres. On ne pourra pas arrêter les passage des voitures mais non plus celles des bateaux, aussi réflechissons à des solutions réalistes et tolérantes.
    Le Bolard

    Commentaire par Le Bolard — 9 février 2009 @ 11:25

  5. Eb dehors des 22 et des 35- 80% des automobilistes ignorent que, venant de l’Est ils peuvent emprunter le pont chateaubriand pou aller vers Saint Brieuc. Dans les années 67/70, il en fut de même pour le barrage et le bac sur DINARD était maintenu.
    Coclusion péage sur le barrage pour tous sauf 22 et35 et bons à tarif réduit pour les résidents secondaires et vacanciers locaux remùis au moment du versement de la taxe de séjour.
    Signalisation à partir de DOL pour inciter à emprunter gratuitement le pont Chateaubriand avec comparaison distances kilométriques

    Commentaire par TATARD — 25 février 2009 @ 14:49

  6. Bonjour, je ne connais pas très bien le site du barrage de la Rance (je n’y suis allé qu’une fois, et un peu trop en vitesse à mon goût), mais au vu de la configuration du site une chose me saute aux yeux : le pont mobile sur l’écluse n’est pas bien placé (ou alors c’est l’écluse qui est mal placée sous le pont mobile, ce qui revient au même). En effet, un pont établi sur une écluse l’est 99 fois sur 100, non pas au milieu du sas comme c’est le cas, mais sur la TETE AVAL (ici, côté mer donc) de façon à éviter les surcoûts d’établissement en hauteur tout en laissant une hauteur libre en-dessous de manière à ce que les bateaux puissent y passer en n’obligeant le pont à être manœuvré qu’un minimum de fois et de temps. Il faudrait connaitre la hauteur libre laissée par le pont en position basse au moment des marées haute et basse ordinaires. Le problème semble venir aussi du fait que les bateaux qui empruntent l’écluse sont certainement pour un bon nombre des voiliers mâtés, et pour eux, il n’y a d’autre solution que de lever le pont, à moins de les obliger à démâter, ce qui est une sacrée contrainte. Mais un certain nombre de ces bateaux sont des bateaux simplement motorisés, et pour ceux-là, il y a de grandes chances pour qu’on n’ait pas besoin de lever le pont, à condition que celui-ci ne soit plus au-dessus du sas, mais sur la tête aval. Mon idée serait de déplacer non pas le pont qui est dans l’axe de la route et du barrage, mais l’écluse elle-même de sa demi-longueur vers l’amont, de manière à ce que le pont se trouve sur la tête aval, en dehors du sas. L’impact sur l’environnement serait très minime dans ce cas-là et améliorerait certainement la fluidité des deux trafics, routier et fluvial.
    À Pierre : dans de très (trop) nombreux cas en France, c’est la voie fluviale qui a été sacrifiée à la circulation routière par comblement de canaux entiers, construction de ponts au ras de l’eau, etc. Il serait bon que dans le cas du franchissement du barrage de la Rance, les deux modes de circulation trouvent un terrain d’entente et qu’aucun des deux ne soit lésé : les navigateurs sont pratiquement tous des automobilistes aussi. L’inverse n’est pas vrai.

    Commentaire par Charles — 13 mars 2009 @ 14:59

  7. J’adhere totalement à ce qui est résumé dans le communiqué de presse du 15 janvier 2009.
    Je ne comprends pas les inutiles bagarres entre automobilistes et voileux.
    Merci à “Franchir la Rance” de nous permettre de nous exprimer.

    Commentaire par DanSuliac — 11 mai 2009 @ 5:56

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