Depuis plus de 5 ans, se prépare dans l’incertitude, l’aménagement de l’un des carrefours les plus dangereux de la région, en contrebas de l’ancien « Hôtel Marc’Otel » (aujourd’hui vendu par appartements) à l’intersection de la D114 et de la « 4 voies du barrage », la D168.
Ce carrefour sépare la commune de La Richardais du « lieu-dit » de La Gougeonnais, partie historique du bourg qui fut coupé en deux par la route du barrage, à la fin des années 60.
L’objectif est à la fois de rétablir la liaison Gougeonnais-Richardais et de rendre plus fluide la circulation de la
« 4 voies » D 168 jusqu’aux feux de l’écluse.
Le Conseil Général a la responsabilité de l’opération avec l’appui technique de la Direction Départementale de l’Equipement. Quant à la municipalité de La Richardais, son avis est déterminant puisqu’elle est la commune la plus concernée.
UN PREMIER PROJET ARBITRAIRE
Dès le lancement des réflexions, le Conseil général a effectué par précaution, une série d’achats de propriétés situées dans le lotissement de « l’allée des Mésanges » surplombant la « 4 voies. », en face du Marc’Otel. Certains propriétaires soit sollicités, soit alarmés par la perte éventuelle de valeur de leur maison ont hâtivement vendu leurs biens.
Le schéma d’aménagement initial fut finalement présenté en 2005 au Conseil municipal de La Richardais. Il reposait sur deux ronds- points placés sur la D114, l’un surélevé, près du Marc’Otel, l’autre, de l’autre côté de la « 4 voies », face à la sortie de l’hôtel Kyriad. Ceux-ci étaient assortis d’un entrelacs de bretelles d’accès, dont l’une souterraine, pour faire passer l’actuelle D 114 desservant le centre-bourg. Ainsi, la route « Dinard-Dinan par la Rance » très fréquentée, était-elle détournée vers un étroit tunnel sous la « 4 voies » D168. En outre, pour construire le rond-point du « Marc’Otel », des expropriations sur le lotissement
des « Mésanges » étaient indispensables, portant atteinte aux terrains limitrophes, à la valeur patrimoniale des maisons ainsi qu’aux conditions de vie de leurs habitants (passage de voitures quelques mètres des habitations, bruit, etc.)
Ceux-ci, consternés, ont fait appel à l’Association qui a ouvert le dossier, tout en s’étonnant du peu de concertation ambiante. La Mairie a donné à l’époque quelques explications aux représentants du bureau, dévoilant ses réserves quant au projet du Conseil général, mais ne semblant pas vouloir défendre ses administrés « expropriables ». Seule la direction des routes départementales, dans un souci de transparence, a communiqué la photocopie du projet en cours.
Un échange de courrier positif, en mars et avril 2006 avec le Conseil Général a permis des relations confiantes.
UN SECOND PROJET QUI FAIT L’UNANIMITE, BLOQUE PAR LA DIREN
Un second projet, un seul rond-point dénivelé, inspiré de celui « de l’Intermarché » est dès lors privilégié par notre association. Elle le communique à la direction des routes qui réfléchissait aussi à une solution alternative.
Un accord s’établit sur l’élégant rond-point dessiné par La Direction des Routes et Infrastructures à Saint Malo.
A l’inverse du premier projet, la « 4 voies » D 168 passerait désormais sous le rond-point traversé par la D114.
Ainsi, la D168 ne connaîtra-elle aucune interruption entre la déviation Dinard -Pleurtuit (appelée à absorber une grande partie du trafic destiné à la 4 voies Dol –Brest) et l’arrivée sur l’écluse du barrage. Ce schéma esthétique présente l’énorme avantage de respecter l’habitat existant et de ne léser aucun riverain. En effet, la route du barrage, recreusée à partir du carrefour de La Marre passera à 7 mètres en contrebas du rond-point. Celui-ci restera au même niveau que la D114 actuelle, simplifiant tant les trajets intra –bourg que les accès à la « 4 voies » assurés par des bretelles bien conçues. Il préserve aussi la continuité de la jolie route Dinard-Dinan par la Rance.
Sur la « 4 voies », des radars fixes sont prévus pour éviter vitesse et bruit. La conception de l’ouvrage prendra en compte la réglementation des nuisances sonores. Seules les voies piétonne et cyclable sont encore à définir.
A l’unanimité, le Conseil Municipal se prononce en faveur du second projet du Conseil Général et en avertit aussitôt l’association au début de l’année 2007. La FAUR (Fédération des Associations d’usagers de La Rance), au bureau de laquelle nous sommes présents, adhère également au second projet.
Malgré cette unanimité des collectivités les plus dynamiques dans la défense de l’environnement local, le futur rond-point est aujourd’hui bloqué par la Direction Régionale de l’Environnement, au nom du respect d’un site classé, en l’occurrence.., la « 4 voies »D 168, dont la pente ne peut être modifiée!
AUCUNE SOLUTION EN VUE, SANS UN ASSOUPLISSEMENT DES POSITIONS
Par une lettre curieusement adressée par la Direction des Routes (sous couvert du Conseil Général), la mairie de La Richardais est informée au printemps 2007 du point de vue de la DIREN : « Tout projet portant atteinte au site classé de la Rance n’a aucune chance d’aboutir au niveau ministériel… Il est impératif de rechercher des solutions alternatives en se basant sur des points d’échanges existant en dehors du site classé. »
La Direction des Routes est chargée d’explorer ces « solutions alternatives » et de fournir ses conclusions à la mi- septembre. En décembre 2007, sans nouvelles de la Mairie, nous appelons la Direction des Routes qui nous confirme n’avoir trouvé aucune possibilité de bâtir un troisième projet, sauf à « asphyxier » le bourg de La Richardais et ses habitants par le déplacement du rond-point dans une zone, certes non classée, mais fortement urbanisée.
Seul le « deuxième projet » reste donc d’actualité. Il constitue une étape décisive à la fois pour La Richardais et pour la région.
On ne peut douter que la DIREN revoie sa position, dans l’intérêt général et soutienne un schéma de rond-point attendu par les élus, les riverains, et les associations qui veillent à l’environnement.
Ensuite, dans le même esprit de protection du site et de régulation de la circulation, il faudra bien s’attaquer au franchissement du barrage qui continuera d’être à certaines périodes, un point névralgique.
Notre association a proposé d’installer dès Pleugueneuc, Dinan, Dol de Bretagne (et autour de Dinard Saint-Malo), des panneaux d’alerte sur les heures d’éclusage, avec liaisons internet(1) voire aujourd’hui GPS, mobiles, etc. Ce projet doit être prochainement mis en œuvre par le Conseil Général.
Enfin, au lieu de rêver à des solutions spectaculaires de franchissement du « site classé », au coût pharaonique, pourquoi ne pas tester rapidement celle du « pont mobile côté Rance » présentée par la FAUR(2) et évoqué dans une brochure du Conseil Général. Discrète et peu onéreuse, elle assurerait pour quelques décennies la continuité du trafic routier (diminué par la déviation Dinard- Pleurtuit) aux heures d’ouverture de l’écluse.
Association pour la protection de la Pointe de la Brebis et de la Gougeonnais – Janvier 2008
Article paru dans le bulletin de la Fédération des associations d’usagers de la Rance en février 2008.
(1) “Passer le barrage de la Rance” Bulletin d’information municipal de La Richardais 1er semestre 2005
(2) “Parlons FAUR” janvier 2004 et “Le passage de la Rance – Projets sur l’écluse” Conseil Général novembre 2005 p.4.